Teutons

Les Teutons parmi Les Trente :

Les « Chevaliers de Sigrdrifa »…
Tout est dit : Chevaliers, Seigneurs de Guerres, Gloire et Honneur. Les Teutons demeureront à jamais comme l’image du Chevalier Teutonique qui n’est d’ailleurs pas forcément la leur. Pour les Germains et la « Ligue des Trente », ils sont la figure légendaire de ceux ayant incarnés l’idéal des Einherjars soumis au Code d’Honneur des Valkyrjur
… ce qu’on appela plus tard, l’Esprit Chevaleresque.


Attention à l'amalgame des "Teutons" avec les "Allemands" ou "l'Ordre Teutonique" dissemblable par bien des points…


Les Teutons

(Les Chevaliers de Sigrdrifa)

Les Teutons (« Teudanos » : « Notre peuple ? ») sont l’un des peuples les plus célèbres des Germains… mais aussi peut-être l’un des plus méconnus !
Si on en croit les annales des premières migrations Germaines on peut en effet parler de « Peuple Teutons » bien qu’ils se mêlèrent presque trop aux Cimbres pour l’attester. D’ailleurs les uns ne vont pas sans les autres et les Teutons n’en seront distingués qu’au moment de la « Guerre des Cimbres ».
Alors qui étaient ces Teutons et qu’est-ce qui unissait ces êtres pour se revendiquer comme tel ?
Un « Code d’Honneur » ! (Voir ci-dessous « Les Chevaliers de Sigrdrifa »)
Et ce code ils l’incarnèrent plus que d’autres dans l’art de la guerre et du Fer. Dés lors devenait-on peut-être Teutons en embrassant ce Code que par le sang, on ne le saura jamais. En tout cas c’est ce qu’on a toujours prêté aux Teutons jusqu’à même qu’un ordre médiéval usurpant leur nom voit le jour quelques siècles après eux… En outre n’oublions pas que la Chevalerie vit ses origines naître en Allemagne où on a mêlé, sans doute exagérément et par amalgame, les Alamans aux Teutons !
Toujours est-il que les Teutons restèrent dans les mémoires collectives plus que tout autre grand ou puissant peuple Germains telles des ombres ne s’effaçant jamais de l’Histoire…

Chronologie des Teutons

-119 à -114 : Migration des Teutons qui rejoignent les Cimbres et les Ambrons en une triple alliance.
-113 : Première confrontation historique de Germains contre des Romains à la bataille de Noria.
-109 : Conquête de la Gaule où les Teutons participent à la « Guerre des Cimbres » contre les légions Romaines.
-107 : Bataille d’Agen toujours avec les Cimbres.
-105 : Grande victoire à Arausio et brève conquête de l’Espagne et sans doute déjà des divergences avec les Cimbres.
-104 à -102 : Les Teutons se séparent des Cimbres.
-102 : Plus grande bataille des Teutons contre Marius à Aix-en-Provence en Gaule dont la défaite les dispersera dans l’Histoire Germanique…

On voit donc avec cette Chronologie que les Teutons demeurèrent « Sans-terres » tout comme leurs Frères d’armes, les Cimbres auxquels ils confondirent presque entièrement leur propre Histoire.
Ces migrants ne semblent pas cependant avoir chercher un royaume propre, à moins que ce fut là le début du schisme d’avec les Cimbres et Ambrons les ayant accompagnés durant leur courte existence. Autant de questions sans réponses.
Au vue de cet esprit Teutons si particulier on peut se demander si cette peuplade avait ainsi cure de quelques territoires ! Leur royaume n’était-il pas dans leur dessein guerrier ? D’ailleurs l’Histoire n’évoque rien d’autres que leurs faits d’armes. Ils semblent que si les Cimbres furent des Conquérants anarchiques (comme leurs ascendants Cimmériens), les Teutons, hommes de métiers d’armes, poursuivaient des codes guerriers complexes… comme le suivrait un jour les Chevaliers

« Les Chevaliers de Sigrdrifa »


L’expression Chevaliers de Sigrdrifa désignant ici les Teutons vise à mettre en lumière deux caractéristiques de ce peuple ou de ce « Clan ».
D’abord les Chevaliers. On a déjà abordé cette confusion entre les « Chevaliers Teutoniques » n’ayant rien à voir avec nos Teutons évidemment. Toutefois ce n’est pas le fruit du hasard si le terme de Teutons a été repris. En fait les « Chevaliers » existaient dans la Rome Antique comme ordre équestre et guerrier entre-autre. Les Teutons sont plus à rapprocher d’un tel ordre mais Germains.
Ensuite, Sigrdrifa.
Cette Valkyrie, en fait Brynhilde, est sous ce nom la première dans les légendes a avoir présenté un « Code d’Honneur » ! Alors peut-être est-ce là les racines du code de guerres trouvé chez les Teutons.

Quoi qu’il en soit on peut penser que leurs coutumes étaient bien codifiées et qu’ils devaient passer beaucoup de temps à l’entraînement et à l’art des armes et de la guerre. Pour le reste on peut également penser que le statut était égal entre les hommes et les femmes, ces dernières pour certaines elles-mêmes guerrières !
On peut déjà subodorer de l’esprit particulièrement guerrier des Teutons. Ajoutés à cela le fait que les femmes Teutons étaient elle-même guerrières, tout cela trouble les choses. Est-ce ces femmes qui se battirent à la bataille finale des Cimbres et tuèrent les enfants ou empêchèrent les lâches de fuir ? Si tel est le cas les Teutons auraient développé une telle foi en l’art du combat qu’ils auraient formé plus une « Caste Guerrière » qu’un Clan, préférant s’allier à d’autres peuples s’occupant de leurs enfants à leur place, peut-être jusqu’à ce qu’ils aient l’âge de devenir des guerriers.

Ainsi s’ils ne font que rejoindre les Cimbres dans leurs migrations depuis le Jutland aux environs des An 119 et 114 BCE, ils accompagneront dés lors leurs pérégrinations du Norique, à la Gaule jusqu’en Espagne. De là l’histoire Teutonnes se brouille avec celle Cimbres car des divergences semblent avoir existé.
Que le Consul Marius ait crée quelques manigances pour attiser ce schisme est chose possible. Quoi qu’il en soit les Teutons se sépareront des Cimbres définitivement en l’An 102 BCE et retrouveront sur leur chemin ce Marius à Aix-la-Chapelle où il les combattra. Et plus que les combattre, il les vaincra !
Furent-ils tués, rendus à l’esclavage, ou simplement et plus probablement se dispersèrent-ils dans l’Histoire ? On ne sait que peu de chose des survivants Teutons.
Pourtant c’est dans l’Histoire mythique et collective qu’ils allaient demeurer à jamais…

La Guerres des Cimbres


Pour bien comprendre cette Guerre des Cimbres, il faut étudier le peuple Cimbres.
Dans tous les cas, les Teutons participèrent à toutes leurs batailles… et justement, on peut renverser l’Histoire en s’interrogeant sur le rôle des Cimbres. Etonnamment, toutes les victoires qu’ils remportèrent le fut accompagnés des Teutons. Et alors repoussés par les Celtibères cela coïncidera soudainement avec les précédentes divergences Teutones (ces derniers étaient-ils toujours en première ligne ? Eurent-ils à subir de lourdes pertes à cause des Cimbres ?). Dans tous les cas, une fois les Teutons partis, les Cimbres furent entièrement décimés par Marius !
Qui remporta la Guerre des Cimbres ? Les Cimbres appuyés de leurs alliés Teutons ou les Teutons avec eux et même sans eux ?
Hélas les Teutons ne connurent pas meilleurs sort que leurs Frères d’armes Cimbres comme si leur Destin était lié à jamais…

La glorieuse bataille


Vint donc l’An 102 BCE et la bataille d’Aix-en-Provence (Aquae Sextiae en Latin).
Voici ce qu’en dit Florus, ce qui demeure l’un des seuls écrits à propos des Teutons, même s’il est à prendre avec mesure :

Avec une rapidité extraordinaire, Marius s'empare aussitôt des chemins les plus courts et prévient l'ennemi. Il rejoint d'abord les Teutons au pied même des Alpes, dans un endroit appelé Aix, et les écrase. Quelle bataille, grands dieux ! La vallée et le fleuve qui la traverse étaient au pouvoir de l'ennemi, les nôtres n'avaient pas d'eau. Notre général l'avait-il fait exprès, ou fut-ce une erreur dont il sut tirer parti ? On l'ignore. Mais il est certain que la nécessité accrut le courage des nôtres et leur donna la victoire. Les soldats, en effet, réclamaient de l'eau. "Si vous êtes des hommes, voyez, dit Marius, vous en avez là-bas." Aussi l'ardeur des combattants fut-elle si grande, et on massacra tellement d'ennemis que dans la rivière ensanglantée les Romains victorieux ne burent pas moins de sang que d'eau. Le roi Teutobodus lui-même, habitué à sauter successivement sur quatre ou six chevaux, put à peine en monter un pour s'enfuir. Il fut pris dans un bois voisin et constitua le plus beau spectacle du triomphe. Sa taille gigantesque s'élevait au-dessus des trophées conquis sur lui.

Les Teutons exterminés, Marius se tourna contre les Cimbres.
On voit là toute la « vérité » Romaine sur cette bataille…
En fait il est possible que cette bataille ait eu lieu prés d’Aix-en-Provence au lieu dit de « Pourvières ». Une rivière devait s’y trouver, cela reste probable car elle servi à Marius pour préparer son embuscade ! Marius était malin et grand stratège militaire, ce qui l’amena certainement à préparer le terrain pour acculer les Teutons et les noyer, eux qui étaient lourdement couverts d’armures…
Et sans doute Marius assoiffa t-il auparavant ses propres hommes jusqu’à leur donner assez de folie pour affronter ces forts guerriers venus du Nord ! On sait également que des Femmes Teutons participèrent au combat, armées d’épées et de haches !
Les nombres des camps des deux belligérants restent imprécis et certainement erronés. Cependant l’issue de la bataille fut Romaine et les écrits parlent déjà du triomphe donné en l’honneur de Marius qui présagea celui à suivre quand il décimerait les Cimbres. Plus totale fut encore cette victoire avec la capture du Roi des Teutons, Teutobod (Teutobodus en Latin).

Mais les Teutons furent bien vaincus et cette bataille fut leur dernière mais aussi la plus glorieuse.

Glorieuse malgré la défaite oui, car comment expliquer autrement que le mystère d’un si petit peuple Germain en ait fait l’un des plus populaires et chevaleresques au travers des siècles…

Les Teutons et le mythe des Einherjars ?


Au final que sait-on des Teutons ?
Peu en mesure des phantasmes qui les accompagnent. On ne peut nier leurs esprits de guerres, leur culte guerrier (peut-être à Tyr, antique Dieu de la Guerre), leur Code d’Honneur et une technologie d’armes et d’armures lourdes faisant de ces Teutons des Chevaliers à la présence menaçante. Leur Destin était peut-être mené dans la philosophie des Einherjars où seuls les martyrs ou héros gagnent le Champ de bataille sacré de l’Au-delà.
Etaient-ce là leurs seules motivations ?
Le mystère demeure entier mais comme leurs Frères du Destin, les Cimbres/Cimmériens, les Teutons/Einherjars continueront à alimenter l’imaginaire épique de l’Histoire…
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