Léonidas

Comment présenter Léonidas maintenant que sa légende a été remise au su de tous grâce à une Bande dessinée et un film, « 300 ». ?
Et bien sans doute en s’attachant à le présenter par un point de vue plus Historique.

Fiche présentation

Nom : Léonidas - (en grec ancien Λεωνίδας / Leônidas) -
Origine : Fils cadet du roi Anaxandridas II de la famille des Agiades.
Période Historique : Grèce Antique du temps des Guerres Médiques.
Naissance et mort : Naissance exact inconnue ; Mort tragique en -480.
Identité : Sparte.
Règne : Roi de Sparte de -490 (ou -491) à -480.
Faits d’armes : Evidemment le mémorable sacrifice de sa personne et de son armée, au nombre de 300, face aux 250 000 hommes d’armes du Roi Perse Xerxès !
Liens : Frère et successeur de Cléomène Ier dont il épousera la fille, Gorgô !

La Légende

Pour mieux connaître ce grand Roi et son époque, on ne peut évidemment que s’intéresser au mythe Grec, à la cité-état de Sparte, aux guerres médiques et au contexte antique.
Tout cela viendra à la suite de la description du fait le plus héroïque de Léonidas.

Ainsi donc les Perses, sous le commandement du Roi mégalomane Xerxès, envahirent une partie de la Grèce, cette armée comprenant au moins 250 000 hommes !
Aussitôt le conseil des Anciens de Sparte vote l’envoi d’une armée de défense composée de 5000 hommes placée sous le commandement de Léonidas. Leur mission est de bloquer l’armée Perse dans le défilé des Thermopyles pour permettre à la flotte Grecque de se préparer.
Toutefois le félon et traître Ephialtès va trahir les Spartes indiquant à Xerxès un moyen de contourner le défilé pour prendre à revers l’armée de Léonidas. Comprenant la manœuvre, ce dernier va renvoyer toute son armée si ce n’est 700 hommes libres couvrant ses flancs quand il attaquera et freinera l’avancée des Perses au côté de 300 des siens, les Hoplites, prêts au combat ultime !

Et ces hommes vaillants et valeureux suivront leur Roi au travers de l’armée Perse, 20 000 guerriers ennemis tomberont alors avant que tous ne périssent !
Même si le sacrifice de Léonidas et de ses hommes n’arrêta pas Xerxès, ce fait si héroïque galvanisa tout le peuple d’alors et les Perses ne parvirent jamais à conquérir les terres Spartes et Grecques… Héros national Grec, Léonidas, outre son exploit et sacrifice, a permis de garder le seuil de tout l’occident inviolé… une prouesse et un fait d’arme que nous devons louer encore de nos jours.
D’ailleurs un magnifique tombeau fut érigé en sa mémoire et des fêtes instituées, les Léonidées.

La Pythie

Voici également à ce sujet la réponse de la Pythie en rapport avec ce temps de guerre médique :

« Pour vous, citoyens de la vaste Sparte,
Votre grande cité glorieuse ou bien sous les coups des Perséides
Tombe, ou bien elle demeure ; mais sur la race d'Héraclès,
Sur un roi défunt alors pleurera la terre de Lacédémon
Son ennemi, la force des taureaux ne l'arrêtera pas ni celle des lions,
Quand il viendra : sa force est celle de Zeus.
Non, je te le dis,
II ne s'arrêtera pas avant d'avoir reçu sa proie, ou l'une ou l'autre. »

Traces historiques

Un texte tiré des anales d’Hérodote, VII, 219-220 :

« Les Grecs qui défendaient les Thermopyles apprirent du devin Mégistias, d'abord, que la mort leur viendrait avec le jour : il l'avait vu dans les entrailles des victimes. Ensuite, il y eut des transfuges qui leur annoncèrent que les Perses tournaient leurs positions : ceux-ci les alertèrent dans le courant de la nuit. Le troisième avertissement leur vint des sentinelles qui, des hauteurs, accoururent les prévenir aux premières lueurs du jour. Alors les Grecs tinrent conseil et leurs avis différèrent, car les uns refusaient tout abandon de poste, et les autres étaient de l'avis opposé. Ils se séparèrent donc, et les uns se retirèrent et s'en retournèrent dans leur a s les autres, avec Léonidas, se déclarèrent prêts à rester sur place.
On dit encore que Léonidas, de lui-même, les renvoya parce qu'il tenait à sauver leurs vies ; pour lui et pour les Spartiates qui l'accompagnaient, l'honneur ne leur permettait pas d'abandonner le poste qu'ils étaient justement venus garder. Voici d'ailleurs l'opinion que j'adopte de préférence, et pleinement : quand Léonidas vit ses alliés si peu enthousiastes, si peu disposés à rester jusqu'au bout avec lui, il les fit partir, je pense, mais jugea déshonorant pour lui de quitter son poste ; à demeurer sur place, il laissait une gloire immense après lui, et la fortune de Sparte n'en était pas diminuée. En effet les Spartiates avaient consulté l'oracle sur cette guerre au moment même où elle commençait, et la Pythie leur avait déclaré que Lacédémone devait tomber sous les coups des Barbares ou que son roi devait périr. »

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Pour comprendre

Les guerres Médiques

Il y eut deux guerres Médiques opposant les Grecs aux Perses.
La première fut maritime là où une tempête effroyable emporta la flotte entière des Perses !
En -490 un assaut terrestre est engagé au détroit de Marathon où déjà un commandant, Miltiade, permis par un stratagème périlleux de mettre en déroute l’armée Perse, 6000 soldats périssant et marquant là la fin de la première guerre Médique.

La seconde guerre fut engagée par Xerxès qu’il perdit là encore après avoir été déjà affaibli, et de quelle façon, par Léonidas et ses Spartes. C’est en -479 que le Roi et les Perses furent anéantis à la bataille de Salamine, celle du cap Mycale et enfin celle à Platées.

Gorgô

Gorgô, née en -506, est la femme de Léonidas, une Reine influente ayant goût pour la politique.
Elle est la fille du frère de Léonidas, son père ayant été Roi de Sparte, Cléomène 1er.
On ne sait que peu de choses d’elle si ce n’est qu’elle représentait bien les femmes Spartiates, libre, farouche, conseillant leurs hommes et manoeuvrant la politique.
Une phrase qu’elle aurait pu employer elle-même et ainsi rapportée par Plutarque :

« Pourquoi êtes-vous les seules, vous autres Laconiennes, qui commandiez aux hommes ? »
« C'est parce que, répondit-elle, nous sommes les seules qui mettions au monde des hommes ! »

On voit là comment pouvaient être les femmes d’alors…

Xerxès 1er

Xerxès 1er (-519/-465) fut l’un des plus grands rois Perse de la dynastie des Achéménides.
Son règne fut marqué par la levée d’armée gigantesque dont les fameux « Immortels », une garde personnelle de 10 000 hommes !
On le connaît évidemment pour sa hargne à l’encontre des Grecs qu’il promis de soumettre.
On connaît l’épisode d’avec Léonidas où il perdit 20 000 hommes contre les 300 Spartes !
Il fut ensuite défait et renonça à ses désirs de conquête et finit assassiné par les siens…


Récit romancé

« Pour tout dire je n’ai pas vu partir Léonidas et ses trois cents guerriers de notre détachement.
Pourtant il était parti pour nous, oui pour nous sauver tous… combien de Roi dans l’Histoire pourrait en dire autant ?
Je n’ai jamais compris qu’une simple traîtrise ait pu nous séparer de lui alors que nous étions plus de cinq milles soldats. Faut-il croire que nous étions moutons, effrayés d’avoir pour guide des loups ? De toute façon cela ne nous sauva pas du drame de la guerre… mais nous aurions eu tant de grandeur à épauler Léonidas sur le chemin des glorieux morts !

Tout par la suite aura été dit sur le défi du Roi de Sparte lancé à Xerxès.
On sait tout des combats, des traîtrises, de la fureur du fer et du sacrifice ultime de ces spartiates à l’égal des plus grands Dieux guerriers. Encore une fois, quel Roi se sacrifierait-il pour son peuple ? Peu viendraient s’asseoir aux côtés de ces valeureux en leur panthéon si glorieux !
Mais il y en aurait d’autres…
Léonidas serait le père de tous ses hommes prêt à résister à l’injustice, à la tyrannie et à toute domination conquérante. Il avait bravé, lui et ses fidèles et loyaux guerriers, plus de milles fois leurs forces ! Ils avaient été les derniers gardiens de l’Europe Antique et s’ils avaient laissé couler leur sang, ce ne fut là que pour en marquer le seuil !

Depuis lors ton vœu, Léonidas, aura été exaucé.
Oui, nul résistant n’oublierait plus ton nom quel que soit la bataille et l’époque dont il aurait à affronter le courroux. Oui celui-là fermerait les yeux un instant, laisserait les vents glisser sur sa peau puis aurait pensée pour les siens. Une dernière fois son cœur cognerait fort et ses mains se feraient alors plus ferme sur son arme.
Puis il se lèverait, hurlerait certainement tout en courant affronter son Destin… oui il courrait jusqu’à toi Léonidas, il courrait pour te rejoindre… »

Un Graveur Sparte prêt à venger sa cité en flammes

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