Dés

Les Dés

« Aucune victoire, aucun affrontement, aucune bataille ou joute ne se gagnent sur la valeur du Fortuné qui les remportent. C’est seulement par l’erreur de l’Infortuné qui les perds qu’il y a triomphe !
La vie est semblable car nul n’y gagne son sort mais le précipite par ses seules erreurs. Le Destin en est l’unique maître et il a donné aux hommes ses artefacts pour en démontrer la règle. Ce jeu est sans gloire pour le vainqueur, sans honte pour le vaincu non plus, chacun d’eux ne s’en remettant qu’aux augures de leurs symboles.
Des symboles et des artefacts qui portent le nom de… Dés. »

A la fois métaphore et incarnation du Destin, les Dés sont la forme physique la plus proche de la représentation conceptuelle de celui-ci. Aussi antiques que l’Humanité et ses premières civilisations, ils ont été taillés et utilisés pour s’interroger sur la phénoménologie du sort échappant à tous.
Tous peuvent jeter les Dés de la destinée mais nul ne peut en présager l’augure.
C’st là toute la fascination portée par les Hommes à ces petits objets d’os, de pierre ou de bois. Riches ou pauvres, nobles ou esclaves, traîtres ou héros, mutilés ou conquérants et jusqu’aux Dieux, les Dés n’ont pas de partis pris et ne demandent rien d’autres qu’on les prennent et les jettent. Leur magie est liée à la croyance mystique portée à ceux plaçant en leur résultat tout leurs espoirs…
Sont-ils libres d’entraves ? Qui les dirigent dans l’ombre ? Sont-ils affranchis de toutes lois naturelles ou divines ? La main qui les lancent déterminent-elle la manière dont ils arriveront ?

Ainsi s’ils n’existent pas de jeux plus simples et naïfs que ces Dés, ils n’existent pas davantage plus de symbolismes et de complexité pour ceux leurs attachants valeurs et qui leurs prêtent pensée métaphysique.
Jeu du Destin, jeu des Dieux, bien des civilisations antiques les utilisèrent. Les peuples premiers leurs attachaient certainement une valeur spirituelle et divinatoire. D’autres y trouvèrent plus d’intérêts ludiques, les castes nobles les mêlaient au jeu d’Echecs pour s’entraîner à la stratégie de guerre. Mais ce sont peut-être les Germains qui y virent l’expression même de leur philosophie liée au Destin, le Wyrd.
Dés lors les Dés s’intégrèrent dans l’univers des Germains aussi naturellement et à un niveau aussi important que leurs autres valeurs, que leurs épées et jusqu’à leur liberté même ! Voici ce qu’en dit Tacite dans son Germania, Chapitre XXIV, paragraphe 3 :

« Les Dés, chose étonnante, sont pour eux affaire sérieuse où ils s’appliquent à jeun, à ce point égarés par le gain ou la perte que, lorsqu’ils n’ont plus rien, ils mettent en jeu, pour un dernier et suprême coup, leur liberté et leur personne. »

On voit là l’extrême croyance au Destin qui pouvaient animer ses joueurs de Dés, capable de remettre leur sort au seul bon vouloir d’un petit cube (cube qui n’était pas sans rappeler les Runes des Germains utilisées pour les augures) ! Sans doute que ce comportement trahi davantage une addiction ludique dangereuse et irraisonnée qu’une véritable philosophie mais cela dévoile toutefois un rapport mystique à cet outil du Destin…
… un outil à 6 faces mais qui par la suite et bien plus prés de nous en comporta bien plus.
D6 donc mais aussi D8, D10, D20 même et le plus étrange et fascinant, le D4 triangulaire !

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  • Les Dés et les Echecs

Dés et Echecs ont donc cohabité pour jouer. Ainsi quand les Echecs étaient encore à leur forme basique, on usait de Dés pour déterminer quelles pièces avaient l’autorisation d’être déplacées, certainement pour laisser une place au « choix » Divin ou de la « marque » du Destin comme on les trouve sur un champ de bataille…


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